Marché fermier de Gagné

Un nouveau lieu pour consommer responsable

Posté le : Le 30 03 10

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Où retrouver le goût des pommes fraîchement cueillies, celui du lait crémeux ou celui du pain doré délicatement pendant plusieurs heures ? A la « Ferme de Gagné ». Sept producteurs inaugurent ce premier marché fermier de vente directe, situé près d'Orvault, au lieu-dit « Gagné ». Rencontres et explications.

Drôle d'endroit pour aller au marché le samedi matin ! A mi-chemin entre un magasin, de petites halles maraîchères et un marché couvert, la « Ferme de Gagné » vient d'ouvrir ses portes. « Pourquoi manger des tomates en plein hiver, alors que la bonne saison pour les tomates, c'est la fin de l'été ? » demande Sarah, arrivée dès l'ouverture du marché, « je suis sûre qu'ici je vais trouver des produits de saison, comme dans le temps, bons pour la santé de mes enfants et moins chers que dans un supermarché. C'est une manière de consommer autrement; c'est aussi une philosophie de vie ! ».

D'étal en étal

Que trouve-t-on au marché de Gagné ? A l'entrée de cette maison baptisée pour l'instant « Ferme de Gagné » - où s'est installé récemment « La cuisine selon Marthe » - on découvre l'étal de charcuterie de Didier David, éleveur de porc en plein air près de Châteaubriant, où trônent pâtés du jour, saucisses et boudins noirs. Côte à côte, Damien, installé depuis janvier au Limeur, à la Chapelle-sur-Erdre, propose des œufs bio et des volailles. Le conseil du jour ? Le poulet noir pour sa chair serrée, et le poulet jaune, plus moelleux. Anthony Vaillant de la Ferme de la Chab' à Couëron, est venu lui aussi vendre directement lait cru frais de vache, morceaux choisis de bœuf limousin et de veau, et tomme de Couëron affinée, produite par l'un de ses voisins, la ferme du « Chef de l'Eau ». « Venir ici, ça permet de valoriser nos produits et de multiplier nos points de vente. Je suis un jeune producteur de lait. A 25 ans, ou bien j'arrête tout, ou bien je me diversifie. En ce qui concerne le coût de production par rapport au prix de vente, tout le monde s'y retrouve ! »

De saison et en vente directe

Dans la deuxième salle, on trouve des fruits -des pommes Caméo, les favorites des grands chefs cuisiniers, des Braeburn à la chair très croquante- cueillis dans les vergers des « Haies Fruitières » à Varades, et des légumes, tels des chicorées frisées -puisque le printemps vient de commencer- en provenance directe des « Jardins de Belles-Ile » à la Chapelle-sur-Erdre. Mais ce n'est pas tout ! Catherine Bouin-Jacquet, une des rares femmes viticultrices de la métropole nantaise, est venue du Domaine de Bel-Air à Saint-Aignan de Grand-Lieu, avec sa « collection » de vins des pays du Val de Loire, en bouteilles, en vrac ou en « bag-in-box ». Muscadet sur lie, Chardonnay, Cabernet-Franc, « Carrément Rose », l'une de ses cuvées spéciales, jus de raisin sans colorant ni conservateur... c'est l'occasion de montrer une partie de sa gamme et de se faire connaître. Quant à Myriam et Daniel Devineau de « L'ôpain de fraises » à Treillières, ils présentent leurs pains sans levure, fabriqués à partir de farine provenant de plusieurs variétés de blés anciens, et leurs pains « lin-tournesol », « noix-raisins » et « abricot-noisettes ».

Transformé en marché fermier

« C'est une co-production entre Nantes Métropole, la Chambre d'agriculture de Loire-Atlantique et la commune d'Orvault, la première commune productrice de lait en Loire-Atlantique », explique Jean-Pierre Legendre, vice-président de Nantes Métropole, en charge de l'agriculture périurbaine, « Nous avons engagé depuis 2000 un partenariat avec la Chambre d'Agriculture, pour renforcer la présence d'une agriculture dynamique et viable, en prenant en compte les enjeux environnementaux, pour maintenir l'usage agricole des sièges d'exploitations et pour conforter l'équilibre ville-campagne».
Nantes Métropole est devenu propriétaire du terrain et de la maison - les anciennes pépinières Blineau - pour éviter que le site de Gagné ne soit démantelé ou ne devienne une friche, c'est-à-dire une terre non-occupée par l'agriculture, mais aussi pour que les constructions urbaines ne grignotent un peu plus les terres agricoles périurbaines. « Nous devons et nous pouvons préserver l'agriculture autour des villes. Les agriculteurs français sont inquiets, et la population augmente sans cesse. L'agriculture cherche de nouvelles formes de débouchés. Etre en lien direct avec les consommateurs est une solution ! » souligne Jacques Lemaitre, Président de la Chambre d'agriculture de Loire-Atlantique, qui a fait appel aux sept producteurs aujourd'hui présents. Le site de Gagné, transformé en marché fermier, favorisera sans aucun doute les contacts entre les agriculteurs de Loire-Atlantique et ses habitants, et préservera une zone verte aux portes de Nantes, ouvertes sur l'avenir.

Cécile Faver

Marché fermier de Gagné, tous les samedis, de 9h à 13h, lieu-dit « Gagné » (près du stade),  Orvault. www.orvault.fr

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