Hammarby Sjöstad, un éco-quartier à la suédoise
L'éco-quartier Hammarby Sjöstad de Stockholm est un modèle de ville durable, un modèle qui coûte cher. Visite guidée en marge de l'assemblée générale des Eurocités.
Si vous rêvez de vivre les pieds dans l'eau, d'aller au bureau en bateau, de n'utiliser que votre vélo ou les transports collectifs pour vous déplacer, Hammarby Sjöstad est fait pour vous. Situé dans le sud-est de Stockholm, ce quartier est un modèle en matière d'urbanisme vert. Construit autour du lac Hammarby Sjö, ce morceau de ville a commencé à sortir de terre au début des années 1990 sur une friche industrielle polluée. A l'époque, Stockholm rêve d'accueillir les Jeux Olympiques d'été de 2004. Pour atteindre cet objectif, elle doit notamment se doter d'un village pour loger les athlètes du monde entier. Les JO auront lieu à Athènes mais les premiers immeubles de Hammarby Sjöstad sortent quand même de terre. « Hammarby Sjöstad est un modèle d'un point de vue environnemental, mais c'est aussi une bonne illustration de ce qu'on parvient à faire quand tout le monde, l'Etat, les collectivités locales, les entrepreneurs et les citoyens se mobilisent et travaillent ensemble sur un projet », confie Carl Cederschiöld, maire de Stockholm de 1991 à 1994 et de 1998 à 2002.
Tram, vélo, auto-partage
Aujourd'hui, Hammarby Sjöstad a de quoi faire des envieux. Les voitures ne peuvent pas circuler dans l'enceinte du quartier, elles doivent rester en périphérie. Seuls les vélos et les piétons circulent. Pour emmener les enfants à l'école située sur l'autre rive du lac, on prend le bateau. Le tramway dessert le quartier et un service d'auto-partage particulièrement performant est à la disposition de tous les habitants. Résultat : 80% des habitants du quartier n'ont pas de voiture particulière. Au pied des immeubles qui ne comptent pas plus de 4 étages, l'espace public est particulièrement soigné : petits jardins collectifs, canal artificiel, aires de jeux arborés pour les enfants.
Energies vertes
Les logements à haute qualité environnementale produisent eux-mêmes 50% de l'énergie qu'ils consomment grâce à la combustion des déchets ménagers et à la chaleur produite par le traitement des eaux usées. Par ailleurs, l'énergie solaire est massivement utilisée : de nombreux immeubles sont équipés en panneaux photovoltaïques. Tout le quartier doté containers enterrés pour les ordures ménagères et certains immeubles sont reliés à un réseau souterrain qui aspire et trie directement les déchets.
« Dans ce quartier, les Suédois ont vraiment poussé la logique environnementale très loin, explique Jean-Marc Ayrault, Président de Nantes Métropole. Du point de vue de la préservation de l'environnement, de la densification urbaine et de la reconquête de l'eau, c'est une réussite. Mais sur le plan social, il y a des lacunes. Ici, les logements sont très chers : il faut compter 5 000 € du mètre carré, c'est beaucoup plus cher que l'Ile de Nantes. Il n'y a pas de logements sociaux, donc pas de mixité. C'est là que se situe la limite de ce modèle d'éco-quartier. »
Comptant aujourd'hui 17 000 habitants dans 8 000 logements, Hammarby Sjöstad poursuit son développement. En 2017, quand le quartier sera achevé, sa population s'élèvera à 25 000 habitants pour 11 000 logements.
Carole Paquelet

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